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Title: Détacher est-ce décondenser?
Subtitle: Un regard sur les avant-postes de l'énoncé en français
Author(s): NEVEU, Franck
Journal: L'Information Grammaticale
Volume: 130    Date: juin 2011   
Pages: 18-23
DOI: 10.2143/IG.130.0.2131073

Abstract :
On interrogera dans cet article la notion qui est au coeur de ce numéro de L’Information grammaticale consacré au français du XXIe siècle, celle de décondensation, qui décrit ce qui est présenté comme étant une caractéristique majeure de l’évolution de la langue française jusqu’à aujourd’hui, à savoir le processus général de déflexivité. Récemment revisitée de manière originale et constructive pour la description grammaticale du français, la notion de déflexivité a été exportée de la métalangue guillaumienne, où elle a pour fonction d’identifier une classe de mots dont la matière notionnelle n’est pas celle des unités lexicales, elle se trouve engagée aujourd’hui, plus largement, à la fois dans la terminographie morpholexicale, dans la terminographie morphosyntaxique, et dans celle de la sémantique discursive. Mary-Annick Morel la décrit, à partir de sa manifestation observable en français oral contemporain, comme un processus syntactico-discursif signalé par «la présence d’un marqueur grammatical antéposé à une base lexicale sémantiquement pleine». La déflexivité (originellement «perte de la flexion à la finale du mot et antéposition d’un nouveau marqueur fonctionnel») se mue ainsi en phénomène de décondensation, où l’on observe une mise à l’initiale des différents types de marqueurs (grammaticaux, sémantiques, énonciatifs, coénonciatifs…). De la problématique flexionnelle à celle de la décondensation ou du décumul, le terme de déflexivité marque ainsi une véritable mutation notionnelle et s’inscrit finalement dans un nouveau paradigme.

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