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Document Details :

Title: Osman Hamdi Bey et les débuts de l'archéologie ottomane
Author(s): HITZEL, Frédéric
Journal: Turcica
Volume: 42    Date: 2010   
Pages: 167-190
DOI: 10.2143/TURC.42.0.2084401

Abstract :
Pendant longtemps, l’Empire ottoman a fait preuve d’une grande libéralité dans le domaine archéologique. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’Italie, la France, l’Angleterre ont pris une part active dans la quête d’antiquités. Les sultans ne semblent rien entreprendre pour stopper cette hémorragie culturelle, voire même l’encouragent. Les choses changent cependant dans la seconde moitié du XIXe siècle, notamment après la nomination d’Osman Hamdi Bey à la tête de la direction des Antiquités en 1881. Ce dernier renforce la loi sur les antiquités en 1884, entreprend les premières fouilles archéologiques ottomanes et protège de manière plus efficace les antiquités, tout en organisant le régime des concessions pouvant être accordées à des étrangers. Il témoigne ainsi d’une prise de conscience du patrimoine archéologique de l’Empire à une époque où le territoire ottoman se réduit et subit la menace des grandes puissances. Mais, paradoxalement, si l’effort de protection patrimoniale ottoman reste avant tout orienté vers l’archéologie, Osman Hamdi Bey ne prend aucune mesure pour enrayer l’exportation des objets typiques de l’art musulman et pas davantage les objets de culte des minorités de l’Empire. C’est avec retard, le 23 avril 1906 seulement, que la loi interdit la sortie du territoire de tous les objets antiques, caractéristiques de l’art et de l’industrie islamiques.



For a long time, the Ottoman Empire showed a great generosity in the archaeological field. In the 17th and 18th centuries, Italy, France and England took an active part in the quest of antiquities. The sultans apparently undertook nothing to stop this cultural bleeding and did even encourage it. A change occurs however in the second half of the 19th century, in particular after Osman Hamdi Bey’s appointment at the head of the direction of Antiquities in 1881. He strengthened the law on antiquities in 1884, undertook the first Ottoman archaeological excavations, and protected in a more effective way the antiques, while organizing the concessions that could be granted to foreigners. By doing so, he showed a new awareness of the value of the archaeological heritage of the Empire, in a period when the Ottoman territory was shrinking and was threatened by Great Powers. But paradoxically, if the Ottoman patrimonial effort of protection was above all concerned with archaeology, Osman Hamdi Bey took no measure to oppose the export of Muslim art or of liturgical objects of the minorities of the Empire. It is not before April 23rd, 1906, that a law forbade the export from the territory of all antiques belonging to the Islamic art and industry.

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