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Title: La Région de Nakhon Si Thammarat (Thaïlande péninsulaire) du Ve au XIVe siècle
Author(s): JACQ-HERGOUALC'H, M. , SRISUCHAT, T. , SUPAJANYA, T. , KRISANAPOL, W.
Journal: Journal Asiatique
Volume: 284    Issue: 2   Date: 1996   
Pages: 361-435
DOI: 10.2143/JA.284.2.556538

Abstract :
La région de Nakhon Si Thammarat a une longue histoire. Les premiers vestiges archéologiques y remontent aussi haut que le Ve siècle, soit au tout début de l'indianisation de l'Asie du Sud-Est, un processus dans lequel les deux côtes de la Péninsule jouèrent un rôle indéniable de relais. Ces premiers vestiges sont à mettre en relation avec ceux de la région de Chaiya où se localisait la capitale de la cité-état du Panpan — une des toutes premières cités indianisées sur la Péninsule — qui s'étendait largement au long des rivages de la côte est. Les vestiges de cette haute époque pour la région de Nakhon Si Thammarat sont surtout brahmaniques et comprennent des petits temples, des statues de Viṣṇu et des liṅga, mais quelques vestiges bouddhiques ont aussi été mis au jour. Le VIIIe siècle est marqué par l'arrivée de Śrīvijaya qui impose sa suzeraineté dans la région en même temps que sa religion, le mahāyāna, comme le prouve le contenu de la stèle dite de Ligor, datée de 775 A.D. La région, à cette époque, est toujours dans l'orbite d'une cité-état centrée sur la Baie de Bandon, le Panpan ou son successeur. C'est seulement dans le courant du Xe siècle qu'une évolution majeure survient quand le centre politique de cette cité-état se déplace vers la région de Nakhon Si Thammarat avec la création de nouveaux ports-entrepôts qui prennent en charge les activités commerciales jusque-là assurées dans la région de Chaiya. Les textes chinois de cette époque parlent d'une cité dont les noms sont des variantes du mot Tambralinga que l'on associe traditionnellement à celui de Nakhon Si Thammarat. La nouvelle cité-état était certainement prospère puisque son souverain entreprit la conquête du Cambodge où il règna durant une courte période au début du XIe siècle (de 1002 à 1006 approximativement) sous le nom de Jayavīravarman. Un peu plus tard, vers 1025-1030, le souverain Coḷa, Rājēndra I est supposé avoir ravagé la cité, considérée par lui, avec raison ou non, comme un vassal de Śrīvijaya, son principal ennemi. Le reste du siècle demeure obscur. Par la suite, les Chroniques de Nakhon Si Thammarat laissent entendre qu'au début du XIIe siècle la cité fut victime d'une attaque qui contraignit ses souverains à chercher de l'aide au Sri Lanka qui serait devenu son suzerain de 1130 à 1176. A cette date, l'expansion birmane aurait mis brièvement la cité sous le contrôle du roi Narapatisithu (1174-1211). Durant ce XIIe siècle agité le bouddhisme theravāda supplanta le mahāyāna apporté par Śrīvijaya, alors en but à de nombreux problèmes. Le XIIIe siècle fut encore plus mouvementé pour la cité-état puisque l'un des souverains de l'époque, Candrabhānu, entreprit la conquête du Sri Lanka qu'il envahit à deux reprises, en 1247 et en 1262, ruinant probablement la cité qui fut incapable de résister, aux alentours de 1294, à l'expansion irrésistible du royaume thaï de Sukhothai qui en prit le contrôle.

The region of Nakhon Si Thammarat has a long history. The first archaeological remains date back to the fifth century A.D., to the beginning of the period of Indianization of South-East Asia, a process in which the two coastlines of the Peninsula played an undeniable linking role. These early remains are connected with those in the Chaiya area, where the city-state of Panpan was located; it was one of the first Indianized establishments on the Peninsula, and extended for some way along the coast. The discoveries there are mostly of Hindu ritual objects and structures, comprising small temples, statues of Viṣṇu, and liṅga, but some Buddhist ritual objects have also come to light. The eighth century is marked by the arrival of Śrīvijaya in the region, and the imposition of its suzerainty and religion, mahāyāna Buddhism, as can be seen in the slightly later artefact known as the stele of Ligor (775 A.D.). The region was in the orbit of a city-state centred on the Bay of Bandon, either Panpan or its successor. It was only during the tenth century that a major evolution occurred, when the political centre of the city-state shifted south to the Nakhon Si Thammarat region, establishing new entrepôt ports which took over the activity hitherto carried on around Chaiya. Chinese texts at this period being to speak of a new city-state, the names of which were variants of the later term Tambralinga, usually associated with old Nakhon Si Thammarat. This new city-state was certainly prosperous since its ruler undertook the conquest of Cambodia where he reigned for a short period at the beginning of the eleventh century (from approximatively 1002 to 1006) under the name of Jayavīravarman. A little later, about 1025-30, the Coḷa ruler, Rājēndra I, is supposed to have ravaged the city, considered with or without reason a dependency of the main rival, Śrīvijaya. The rest of the century remains obscure. The Chronicles of Nakhon Si Thammarat however imply that at the beginning of the twelfth century the city was the victim of an attack which obliged its rulers to seek help from Sri Lanka, which may have become its suzerain between 1130 to 1176. At this last date Burmese expansion briefly brought the city under the control of Narapatisithu (1174-1211). During this tumultuous twelfth century theravāda Buddhism supplanted the mahayanist tendancies of Śrīvijaya, then in clear retreat. The thirteenth century was still more agitated. One of the ruler of the period, Candrabhānu, for some reason, undertook the conquest of Sri Lanka which he invaded on two occasions, in 1247 and 1262, probably ruining Nakhon Si Thammarat which was unable to resist, around 1294, the extension of the Thai kingdom of Sukhothai which assumed control over it.

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