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Title: Qu'est-ce au juste que la prédication?
Author(s): WŁODARCZYK, André , WŁODARCZYK, Hélène
Journal: Bulletin de la Société de Linguistique de Paris
Volume: 114    Issue: 1   Date: 2019   
Pages: 1-54
DOI: 10.2143/BSL.114.1.3287151

Abstract :
Il est d’usage d’emprunter à la logique élémentaire la définition du prédicat pour représenter toutes sortes de relations linguistiques: syntaxiques, sémantiques et parfois même pragmatiques. Or, la définition du prédicat en logique formelle s’écarte de sa définition d’origine langagière donnée par Platon dans les termes de l’opposition entre ‘noms’ et ‘prédicables’ (onoma et rhema). En fait, la définition du prédicat logique suit celle d’Aristote qui a remplacé la définition de Platon par celle de 'mettre (des termes) en rapport' en vue du raisonnement. L’approche que nous proposons pour analyser la prédication linguistique s’inscrit à présent dans le programme de la Grammaire répartie (GR) que nous élaborons depuis plus de deux décennies. Nous postulons que la structure du contenu des énoncés linguistiques se compose d’au moins trois couches d’information: à côté du niveau ortho-informatif (strictement sémantique) de la signification, il convient de dégager un niveau para-informatif de l’identification et un niveau méta-informatif de la prédication. En effet, c’est le fait de présélectionner des participants et/ou des repères spatio-temporels, en même temps que leurs perspectives respectives, qui crée de la para-information. De même, c’est le fait de concentrer son attention sur un ou même deux rôles et/ou ancrages spatio-temporels de l’ortho-information qui crée de la méta-information. La théorie du centrage méta-informatif de l’énoncé (CMI), permet de construire des modèles plus adéquats de la prédication linguistique indépendamment du sens que les logiciens ont donné au terme de prédicat. Notons que le prédicat et ses arguments tels qu’il sont définis en logique ne permettent pas de rendre compte de la nature du sujet et du complément d’objet direct. Le caractère séquentiel du discours impose de privilégier (distinguer, mettre en valeur) certains éléments des situations sémantiques dont les opérations mentales sont, elles, de nature à la fois incrémentales et parallèles.



Linguists usually borrow the notion of predicate from Classical Logic in order to represent diverse kinds of relations: syntactic, semantic and sometimes even pragmatic. Yet, the definition of a predicate in formal logic departs from the language-based original one given by Plato in terms of the opposition between ‘name’ (onoma) and ‘predicable’ (rhema). As a matter of fact, the definition of the logical predicate follows the one given by Aristotle who replaced Plato’s definition by the idea of 'relating (terms)' for reasoning purposes. The theoretical approach we propose in order to analyze the problem of predication in linguistics is part of the Distributed Grammar program (DG) we have been developing for more than two decades. We claim that the structure of the content of linguistic utterances is built out of at least three kinds of informative tiers: besides the ortho-informative ('properly' semantic) tier of signification, we distinguish a para-informative tier of identification and a meta-informative one of predication. Hence, preselecting participants and/or spatiotemporal locations together with their respective perspectives produces para-information. In the same way, focusing attention on one or even two roles and/or spatiotemporal anchors of ortho-information actually produces meta-information. The theory of the Meta-Informative Centering (MIC) of utterances makes it possible to build more adequate models of predication in natural language independently of the content that logicians have put into the term of ‘predicate’. Let us note that the linguistic notions of subject and object cannot be defined on the basis of the logical notion of predicate and its arguments; this is due to the sequential order of discourse as a product of mental operations dealing with semantic situations which are probably both incremental and parallel.

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