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Document Details :

Title: Spinoza et l'argent
Subtitle: La politique comme économie des passions
Author(s): VINOLO, Stéphane
Journal: Revue Philosophique de Louvain
Volume: 114    Issue: 2   Date: mai 2016   
Pages: 221-244
DOI: 10.2143/RPL.114.2.3162209

Abstract :
Il y a dans la philosophie de Spinoza deux attitudes radicalement différentes eu égard à l’argent: une condamnation radicale au nom de la sagesse dans ses premiers textes, un éloge surprenant de son accumulation infinie dans la Traité Politique. Ces deux positions peuvent néanmoins se réconcilier en distinguant d’un côté l’éthique des sages, de l’autre l’éthologie des ignorants. Si Spinoza fait l’éloge de la quête infinie des richesses, ce n’est que parce que les ignorants, ne pouvant autoréguler rationnellement ce désir partiel, ne pourront vivre en paix selon des normes et des valeurs communes qu’à la seule condition que se mette en place un mimétisme rationnel, qui, au moment même où ils cherchent à se distinguer les uns des autres, pousse les individus vers des normes communes. Or, ce sont paradoxalement les richesses qui sont l’opérateur d’un tel phénomène. L’argent, en tant que traducteur potentiel de tous les désirs est aussi l’agent universel de la différenciation et de la distinction. Là où la rationalité permettra aux sages de vivre dans des collectifs pacifiés, la poursuite des richesses jouera ce rôle pour ce qu’il en est des ignorants.



There is a disturbing ambivalence in regard to the pursuit of wealth and riches in Spinoza’s philosophy. On the one hand, all the texts related to knowledge and wisdom show a very clear intention to limit their quest. Even though the life of free men, guided by reason, will not be an austere existence, wise men will be able to self-regulate their desire for riches so that their minds are not obsessed by one single object of desire. On the other hand, political texts show a completely different view of wealth. As we can see in the Political Treatise, because ignorant people are not able to self-regulate their desires, the State must promote unlimited pursuit of money so that it can unite human beings by creating social norms. We try here to explain this ambivalence by interpreting Spinoza’s politics in the light of economics and the logic of the market. Only the market can help us explain why, although wise men will be united by reason, ignorant people will be united by their unlimited desire for wealth and glory.

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