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Document Details :

Title: Les couleurs ont-elles un sexe?
Subtitle: Contribution à une réflexion sur la détermination par le genre du phénomène chromatique
Author(s): KORZILIUS, Jean-Loup
Journal: Revue Philosophique de Louvain
Volume: 105    Issue: 3   Date: août 2007   
Pages: 428-459
DOI: 10.2143/RPL.105.3.2022813

Abstract :
La définition, au XIXe siècle, de la couleur comme étant de sexe féminin invite à une analyse critique de la notion. Elle révèle qu’au-delà d’une certaine tradition, on identifie la couleur au corps de la femme. Il s’agit là d’une articulation cruciale entre les approches modernes du chromatisme et les anciennes. Des textes notamment de Hegel et Schopenhauer illustrent cette radicalisation (sexualisation) qui affecte en parallèle aussi la conception du féminin. De l’étude de Reiz, une notion-clé, et en comparaison avec des textes antiques, il ressort alors que, tant sur le plan étymologique (Farbe, chroma ea) que théorique (Aristote, Hippocrate), la couleur bénéficiait jadis d’un statut bien plus édifiant que de nos jours, et ne se confondait nullement avec le féminin. Au XIXe siècle, la position du psychophysicien Fechner marque du coup le point de non retour de notre vision sexualisée de la couleur, voire de la connaissance.



The definition of colour in the nineteenth century whereby it belonged to «the feminine sex» constitutes an invitation to analyse the notion critically. This analysis reveals that, beyond the traditional subordination of colour to form and design, colour is now assimilated to the female body. This signifies a crucial difference between the ancient and the modern approach to chromatism. Some texts — notably by Hegel and Schopenhauer — illustrate this radicalisation («sexualisation»), which at the same period also affects the conception of the feminine. From the study of Reiz, a key notion, and by comparing ancient texts, it appears a contrario that both on the etymological level (e.g. Farbe, chroma) and on the theoretical level (Aristotle, Hippocrates) colour formerly possessed a far more edifying status than in our own times, and was in no way confused with the feminine. In the nineteenth century the standpoint of the psychophysician Fechner marks the point of no return for our «sexualised» vision of colour, and even of knowledge.

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