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Document Details :

Title: 'Personne plus que moi ne reconnaît les droits de la discussion scientifique'
Subtitle: À propos d'une lettre d'Émile littré à Hugo Schuchardt
Author(s): SWIGGERS, Pierre
Journal: Orbis
Volume: 36    Date: 1991-1993   
Pages: 256-265
DOI: 10.2143/ORB.36.0.2012812

Abstract :
La lettre publiée ici est l’unique lettre conservée d’Émile Littré (1801-1881) à Hugo Schuchardt (1842-1927). Écrite de Mesnil (= Mesnil-le-Roi), où Littré possédait une propriété et où il rédigeait son Dictionnaire de la langue française (1863-1872), la missive, inscrite au recto et au verso d’une feuille de papier à lettres, est une réaction à l’envoi, par le père de Hugo Schuchardt, du troisième volume du Vokalismus des Vulgärlateins. Il semble que le père de Schuchardt se soit occupé de l’envoi d’exemplaires d’hommage durant l’absence de son fils, qui de janvier 1868 à avril 1869 séjourna à Rome pour faire des études philologiques. Dans sa lettre, Littré exprime son admiration pour l’ouvrage «si précieux» du jeune Schuchardt: on peut présumer que la démarche «positiviste» adoptée par Schuchardt dans le Vokalismus a dû plaire au propagateur des idées d’Auguste Comte. Fidèle à la doctrine comtienne — dont il fut le vulgarisateur11 —, Littré adhéra à une vue scientiste sur l’activité du savant: celui-ci devait constituer des vérités positives. En matière de philologie ou de linguistique, cela impliquait l’établissement des faits corrects et la détermination des rapports entre ces faits. On comprendra donc que Littré ait accueilli avec sympathie les critiques, parfois même radicales, que Schuchardt a faites de son Histoire de la langue française (Littré): le progrès scientifique est, idéalement, le résultat de la collaboration dans le domaine des positivités.

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