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Title: Dire ou tuer? La nomination de Dieu, de la transgression à la transcendance
Author(s): BOULNOIS, Olivier
Journal: Revue Philosophique de Louvain
Volume: 99    Issue: 3   Date: Août 2001   
Pages: 358-384
DOI: 10.2143/RPL.99.3.643

Abstract :
Tout ce qui naît périt. Dieu doit-il à son tour obéir à cette loi? Appelé à «entrer dans la philosophie» (Heidegger), serait-il du coup destiné à y mourir (Nietzsche)? 1. La constitution de la métaphysique se dit de plusieurs manières, ce qu'atteste spécialement l'histoire de la philosophie médiévale. La diversité des figures historiques concurrentes de la métaphysique oblige à compliquer la présentation heideggerienne. Et paradoxalement, le fait que la figure scotiste de la métaphysique vérifie son interprétation nous en libère: ce n'est donc pas toute pensée qui s'inscrit dans le cadre heideggerien, mais une figure particulière de la métaphysique. 2. La «mort de Dieu» n'appartient pas seulement à l'histoire de l'être, mais aussi à celle de la théologie, particulièrement dans la ligne Luther - Hegel - Schopenhauer. L'originalité de Nietzsche ne consiste pas dans cet énoncé, mais dans l'interprétation qu'il en donne: «nous l'avons tué». Et la contingence de cette histoire révèle des possibilités alternatives quand meurt une figure du divin, Dieu lui-même reste à penser. 3. On ne peut donc plus évoquer le meurtre de Dieu sans voir dans cette transgression à la fois la conséquence finale d'une restriction de Dieu au concept, et l'ouverture à la transcendance de Celui qui ne se laisse enfermer en aucune limite. Le meurtre de Dieu invite à la transgression du concept et fait figure de «prolégomènes aux noms divins». Ce qui exige de penser Dieu au-delà du concept, mais à partir de lui. Ainsi, la théologie des noms divins est encore neuve aujourd'hui.

Whatever comes into existence, perishes. Must God in turn obey this law? Called upon to «enter philosophy» (Heidegger), is he thereby destined to die there (Nietzsche)? 1.The constitution of metaphysics is expressed in several ways, as the history of mediaeval philosophy in particular attests. The diversity of competing historical figures in metaphysics obliges us to render more complex Heidegger’s presentation. And paradoxically the fact that Scotus’ figure verifies his interpretation frees us from it: thus it is not all thought that fits into Heidegger’s framework, but a particular figure in metaphysics. 2. The «death of God» does not only belong to the history of being, but also to the history of theology, particularly in the line Luther-Hegel-Schopenhauer. The originality of Nietzsche does not consist in this statement, but in the interpretation he gives of it: «we have killed him». And the contingency of this event reveals alternative possibilities: when a manifestation of the divine dies, God himself remains to be thought. 3. Therefore it is not possible to evoke the murder of God without seeing in this transgression at the same time the final consequence of a restriction of God to the concept, and the opening to transcendence of Him who does not allow himself to be enclosed within any limit. The murder of God invites us to transgress beyond the concept and takes the place of «prolegomena to the divine names». This requires us to think God beyond the concept, while setting out from it. Thus the theology of divine names is still new at the present time. (Transl. by J. Dudley).


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