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Title: Une statue stéléphore très particulière
Author(s): PERDU, Olivier
Journal: Revue d'Égyptologie
Volume: 65    Date: 2014   
Pages: 107-139
DOI: 10.2143/RE.65.0.3066737

Abstract :
Cette étude est consacrée à une statue stéléphore, dédiée au début de la XXVIe dynastie dans le temple de Ptah à Memphis, qui offre de multiples particularités. Celles-ci sont également très variées car elles concernent aussi bien son aspect que ses inscriptions. Le monument apporte ainsi des informations très originales, y compris quand il récapitule les fonctions du propriétaire. Le plus remarquable concerne néanmoins la façon dont sa véritable nature transparaît. Si la statue, comme la plupart des stéléphores traditionnelles, doit bien être perçue comme une représentation d’orant, cela ne ressort pas de son apparence, les bras du personnage n’étant pas dans une position susceptible d’évoquer l’adoration. C’est en fait la présence d’un hymne, que le propriétaire est censé prononcé, qui traduit à lui seul sa situation d’orant. Par ailleurs, en énumérant sur six générations les ancêtres du propriétaire, attachés comme lui au culte de Ptah, le monument invite à se demander si ce rappel n’est pas pour le personnage un moyen de mieux disposer le patron de Memphis à son égard, au moment où il l’implore de pourvoir à son alimentation. L’utilité d’un tel argument dans ce domaine est démontrée par un propos tenu dans les «autobiographies» où, dans des circonstances comparables, pour convaincre une divinité ou ses prêtres d’agir en sa faveur, le locuteur fait valoir qu’il est non seulement le serviteur de cette divinité, mais aussi le fils d’un personnage qui l’a servi, une façon d’indiquer que le lien qui l’unit à elle est d’autant plus fort qu’il s’inscrit dans une tradition familiale.



This article publishes a stelophorous statue dedicated at the beginning of Dynasty XXVI in the temple of Ptah in Memphis. It shows many peculiarities, concerning both its aspect and its inscriptions, and gives unusual details, especially in the titulary of its owner. First, it gives details concerning the attitude of the statue. Like most of the stelophorous statues, it must be understood as a representation of a prayer, even if its posture is not linked with a worship gesture. It is indeed the hymn engraved on the stela, supposed to be pronounced by the owner of the statue, which informs us about its prayer attitude. Secondly, a genealogy running on six generations of men involved in the cult of Ptah is detailed just before the owner of the statue asks the god for providing him with food. This recall could be for him a way to be well considered by the god. The utility of this kind of argument is well shown by some 'autobiographical' texts: in order to convince the god (or the priests) to act in his favour, the speaker not only points out that he is a servant of this god, but also that he is the son of one who served him. This family custom is a way to emphasize the link between the speaker and the god.

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