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Document Details :

Title: Marriage as a Sacrament
Subtitle: Towards a new Theological Conceptualization
Author(s): ROCHETTA, Carlo
Journal: Marriage, Families & Spirituality
Volume: 2    Issue: 1   Date: Spring 1996   
Pages: 5-22
DOI: 10.2143/INT.2.1.2014865

Abstract :
Le mariage comme sacrement – cheminement vers un renouveau du concept théologique
On peut discerner trois perspectives fondamentales dans les tentatives théologiques actuelles pour renouveler la théologie systématique du sacrement de mariage, qui a été longtemps appauvrie ou rétrécie dans l’histoire de la théologie.
Une première approche tente de se défaire du lourd héritage de la théologie médiévale, pré- et post-tridentine du mariage, en comprenant celui-ci comme une vocation. On ne considère plus que le sacrement soit essentiellement un contrat concernant, de manière extérieure, la relation homme-femme, mais l’alliance d’amour et de vie qui réalise, de manière intérieure, la structure anthropologique même de l’homme et de la femme. Il faut dès lors le caractériser comme étant une vocation. Cette manière de voir trouve des appuis décisifs dans le Concile Vatican II qui souligne la structure personnelle mais aussi pleinement ecclésiale du mariage. En effet, la rencontre de l’homme et de la femme arrive à sa pleine réalisation, et reçoit ainsi un caractère sacramentel par le fait que seul le Christ peut donner une personne humaine, qui lui appartient par le baptème, à une autre personne humaine. Ce n’est qu’en Lui et en Son Eglise que peut se réaliser une alliance surnaturelle, une situation de grâce, dans laquelle les deux conjoints peuvent s’appartenir vraiment et pleinement. Ceci explique pourquoi le dispensateur originel du sacrement de mariage est le kyrios glorifié et – en Lui – Son «Corps» ecclésial. Par conséquent, on doit donc aussi comprendre le sacrement de mariage comme un sacrement par lequel l’Eglise se réalise elle-même, elle qui est Sponsa Verbi, étant donné qu’elle y développe son être propre et particulier en tant que sacrement indestructible et victorieux au plan eschatologique de cette grâce qui a été conférée à l’humanité dans le Christ Jésus. Les époux, en tant que baptisés réalisent et vivent à leur manière ce qui est le propre de l’Eglise, à savoir être signe de l’alliance irrévocable que le Christ a offerte au monde. Aux conjoints par contre, le sacrement confère la nouvelle qualité d’une «vocation commune» qui actualise le baptème, vocation qui les rend capables de se donner l’un à l’autre et qui trouve dès lors sens et plénitude dans l’eucharistie. Par le don qu’ils font d’eux-mêmes l’un à l’autre ils proclament qu’ils se donnent l’un à l’autre en suivant l’exemple du Christ eucharistique et expriment ainsi pour leur part le mystère de l’Eglise, épouse du Christ, et le réalisent.
Cette conception comprend le sacrement de mariage comme étant constamment «symbole réel» (Realsymbol) ecclésial et signe historique de l’amour irrévocable de Dieu pour l’humanité.
A cela s’ajoute aujourd’hui une deuxième tentative, celle qui consiste à désigner le mariage, d’une manière analogue aux trois sacrements qui confèrent un caractère, comme une consécration, et dès lors comme un «sacrement permanent». Si le lien du mariage participe à l’Alliance du Christ et de son Eglise et l’actualise, il élève par conséquent les époux au niveau d’une communion d’un type nouveau et durable avec le Christ et son Eglise. Ainsi Vatican II dit-il que les époux sont «comme consacrés». Aussi parle-t-on également d’un «quasi-caractère», non pas que le mot «quasi» désigne une signification impropre et amoindrie du caractère, mais bien parce qu’il signifie que la réalisation de l’Alliance irrévocable de Dieu concerne les deux conjoints qui sont élevés au niveau d’une nouvelle communauté sacramentelle dans le Christ et son Eglise: il s’agit d’une consécration du lien entre deux personnes humaines et non pas d’un seul homme. La spiritualité du mariage devient ainsi expression d’une sacramentalité qui ne se réfère pas seulement au lien matrimonial mais qui appelle les époux à la sainteté dans la totalité de leur vie commune.
Une telle vue du mariage implique une révision de la conception hylémorphique du signe sacramentel (matière et forme) et la redécouverte du sens du sacrement en tant que «mystère». Il ressort de ceci qu’il convient d’une part de dégager la question du dispensateur du sacrement de mariage, d’une connotation courante dans la théologie occidentale, et qui prête partiellement à confusion, et d’autre part d’élargir la notion de fécondité matrimoniale au-delà du pur aspect biologique.
Ainsi se dégage une troisième perspective: le sacrement de mariage comme communio, comme communauté qui a sa source dans l’insondable communio de la Trinité, s’exprimant par le don du Saint Esprit et se déployant dans l’histoire. Puisque le Saint Esprit est le lien d’amour entre le Père et le Fils, son activité et sa présence s’expriment dans le lien d’amour et dans son caractère d’échange mutuel, constituant dès lors les bases de l’amour matrimonial et de son développement. Grâce au don de l’Esprit-Saint, toute la vie des époux est marquée du mystère trinitaire.

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