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Title: Perfection de la philosophie ou philosophe parfait?
Subtitle: Jean de Jandun lecteur d'Averroès
Author(s): BRENET, J.-B.
Journal: Recherches de Théologie et Philosophie Médiévales
Volume: 68    Issue: 2   Date: 2001   
Pages: 310-348
DOI: 10.2143/RTPM.68.2.955

Abstract :
L’article examine la reprise que le « prince des Averroïstes » Jean de Jandun (ca. 1285-1328) fait de cette phrase délicate d’Averroès, tirée de son Grand Commentaire du De anima d’Aristote : « forte igitur philosophia invenitur in maiori parte subiecti in omni tempore ». On cherche à montrer par l’analyse des textes que l’interprétation du maître ès arts s’écarte radicalement de la pensée du Cordouan qu’il prétend suivre. Tandis qu’Averroès suppose l’existence continue d’au moins un philosophe dans le monde, Jean de Jandun, rejetant comme irréaliste l’idée d’un homme parfait en qui s’incarnerait tout le savoir, et tributaire d’une erreur de traduction arabo-latine qui donne « sujet » pour « lieu », soutient qu’il n’y a chaque fois de perfection que si l’on totalise tous les savoirs particuliers des différents penseurs en activité sur la terre. Autrement dit, la philosophie est parfaite, certes, mais il n’y a pas de philosophe parfait. C’est coniunctim que la science est achevée, et non pas divisim. Un tel constat, qui rapproche l’analyse de Jean de celle menée par Dante au début de sa Monarchia, permet deux révisions : d’une part, l’idée d’un « averroïsme » latin réactionnaire, se contentant de répéter les paroles du maître, est à revoir ; d’autre part, cela signifie qu’il n’y a pas chez Jean les bases théoriques de l’idéal éthico-intellectualiste dont l’historiographie moderne assure qu’il en fut le champion parisien.

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