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Title: La théorie synthétique de l'évolution
Subtitle: Essai d'analyse épistémologique
Author(s): DELSOL, Michel
Journal: Revue Philosophique de Louvain
Volume: 93    Issue: 1-2   Date: février-mai 1995   
Pages: 93-110
DOI: 10.2143/RPL.93.1.541827

Abstract :
La Théorie Synthétique de l'évolution est la synthèse des observations des paléontologistes, zoologistes, botanistes avec celles des généticiens. On constate d'abord que l'étude de la classification du monde vivant nous donne aujourd'hui l'image d'un immense continuum où il n'y a plus ni espèces ni genres, comme le pensait déjà Lamarck. On découvre de décennies en décennies des étapes nouvelles entre les grands groupes: poissons et batraciens, reptiles et mammifères etc. Il semble que l'évolution s'est presque toujours réalisée par très petites étapes où paraît régner un hasard «tâtonnant». Ensuite, à partir de la génétique, on peut penser que, puisque dans la nature chaque couple donne toujours beaucoup plus de descendants que la terre ne pourrait, s'ils vivaient tous, en contenir, et qu'il y a chez toutes les espèces une mortalité considérable, ce seront, comme le pensait Darwin, ceux qui hériteront des changements héréditaires favorables (mutations) qui, statistiquement, survivront. Cependant, dès les années 40, les synthéticiens avaient reconnu l'immense complexité de ce phénomène. Pourtant des calculs mathématiques, des expériences de laboratoire, des observations naturelles en démontrent la fertilité intellectuelle. On montrera aussi que même des organes complexes comme l'œil, et ses liens avec le cerveau, ont pu se constituer par le jeu des mutations sélectionnées. Il faut préciser que l'anatomie, l'histologie et la biochimie des êtres vivants sont particulièrement organisées pour réagir au mieux à ce schéma. En effet la construction du vivant est caractérisée par la répétitivité. Avec une vingtaine d'acides aminés il s'est construit des milliards de types de protéines. Le foie, la rétine, le pancréas, l'os etc. sont composés d'un nombre fabuleux de cellules semblables. Beaucoup de mutations se contentent de multiplier le nombre des cellules. En outre, lorsqu'une mutation améliore une cellule rétinienne ou hépatique, ce sont les millions de cellules de ces organes qui sont améliorées. On doit noter que les endosymbioses demeurent, mais seulement par plusieurs aspects, dans le cadre de cette théorie. Celle-ci nous apparaît donc bien aujourd'hui comme le mécanisme de fond de l'évolution biologique; toutefois l'analyse de sa complexité n'a pas fini d'interroger les biologistes.

The Synthetic Theory of evolution is the synthesis of the observations of paleontologists, zoologists, botanists and geneticists. The first observation is that the study of the classification of the living world today provides the image of an immense continuum in which there are neither species nor genuses, as Lamarck already believed. From decade to decade new stages are uncovered between the major groups: fish and batrachians, reptiles and mammals etc. It appears that evolution almost always took place by very small stages directed by «groping» chance. Then, from the genetic point of view, it may be held that, since in nature every couple produces far more descendants than the earth could contain if they all lived, and since there is considerable mortality among all species, those that inherit favorable hereditary changes (mutations) will, as Darwin believed, be those that survive. However, from the forties on synthesists had recognized the enormous complexity of this phenomenon. Nonetheless, mathematical calculations, laboratory experiments and natural observations show the intellectual fertility of this approach. It was shown to have been possible even for complex organs such as the eye and its links with the brain to have been constituted by the interaction of selected mutations. It must be pointed out that the anatomy, the histology and the biochemistry of living beings are particularly organised to react in the best possible way to this scheme. The make-up of living beings is characterised by repetitiveness. With the aid of about twenty amino acids billions of types of proteins came into being. The liver, the retina, the pancreas, bones etc. are made up of an astounding number of similar cells. Many mutations are satisfied with multiplying the number of cells. Furthermore, when a mutation improves a cell in the retina or the liver, the millions of cells in these organs are improved. It must be noted that endosymbioses remain, but only from a number of aspects, within the framework of this theory. Hence this theory today appears to be the basic mechanism of biological evolution, even if the analysis of its complexity continues to raise questions for biologists.

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