this issue
previous article in this issuenext article in this issue

Preview first page
Document Details :

Title: Writing Bosnian in Arabic
Subtitle: The Development of the Arebica Script in the Long 19th Century
Author(s): BULJINA, Harun
Journal: Turcica
Volume: 54    Date: 2023   
Pages: 325-351
DOI: 10.2143/TURC.54.0.3292412

Abstract :
This article examines the intensifying efforts of Bosnian Muslim scholars to promote and standardize a modified Arabic script for their native language over the long 19th century. A local variant of aljamiado literature, this Arebica script has received considerable scholarly attention since then, but broadly as a folkloric and literary phenomenon. I argue instead that it developed during this period as a sustained project of communal reform in the context of changing relations between Bosnian Muslims and the Ottoman state. Starting in the late 18th century, Bosnian scholars affiliated with the Naqshbandi Sufi order increasingly experimented with vernacular religious instruction in the Arabic script as part of a broader engagement with questions of dynastic loyalty and local autonomy on the Ottoman frontier. With the curbing of this autonomy through the mid-19th century, more rebellious figures such as Abdulvehab Ilhamija gave way to successors who entered into a collaborative relationship with the imperial center – an arrangement that would persist through both the Tanzimat and the subsequent Austro-Hungarian occupation. Members of this reformist network continued their experiments with Arebica under both regimes, adapting to the new technological opportunities of the ‘Age of Steam and Print’ and ultimately feeding into Bosnia’s vibrant Pan-Islamist reform movement of the early 20th century. While never achieving the status envisioned by its most prominent advocates, the development of Arebica therefore nevertheless highlights the dynamic interplay between provincial Muslims and state reforms in the late Ottoman period.



Cet article examine les efforts croissants des érudits musulmans bosniaques pour promouvoir et standardiser une écriture arabe modifiée pour leur langue maternelle au cours du long XIXe siècle. Variante locale de la littérature aljamiado, cette écriture arebica a depuis lors fait l’objet d’une attention considérable de la part des chercheurs, mais généralement en tant que phénomène folklorique et littéraire. Je soutiens au contraire qu’elle s’est développée au cours de cette période comme un projet plus durable de réforme communautaire dans le contexte de l’évolution des relations entre les musulmans de Bosnie et l’État ottoman. À partir de la fin du XVIIIe siècle, les érudits bosniaques affiliés à l’ordre soufi Naqshbandi se mirent de plus en plus à faire l’essai d’un enseignement religieux en langue vernaculaire et en écriture arabe, à la faveur d’une implication plus grande vis-à-vis des questions de loyauté dynastique et d’autonomie locale à la frontière ottomane. Avec la réduction de cette autonomie au milieu du XIXe siècle, les figures les plus rebelles, comme Abdulvehab Ilhamija, cédèrent la place à des successeurs qui établirent une relation de collaboration avec le centre de l’Empire; cet arrangement perdura pendant les Tanzimat et l’occupation austro-hongroise qui suivit. Les membres de ce réseau réformiste poursuivirent leurs expériences avec l’arebica sous les deux régimes, tout en s’adaptant aux innovations technologiques de «l’ère de la vapeur et de l’imprimerie», pour alimenter en fin de compte le dynamisme du mouvement réformateur panislamiste de la Bosnie au début du XXe siècle. Bien que l’arebica n’ait jamais acquis le statut envisagé par ses plus éminents défenseurs, le développement de cette écriture met néanmoins en lumière la dynamique de l’interaction qui s’est mise en place entre les musulmans provinciaux et les réformes de l’État à la fin de l’Empire ottoman.

Download article