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Document Details :

Title: Dieu et le temps, le temps et l'Autre
Subtitle: Levinas et l'infinie dia-chronie
Author(s): SERBAN, Claudia
Journal: Revue Philosophique de Louvain
Volume: 119    Issue: 1   Date: février 2022   
Pages: 53-77
DOI: 10.2143/RPL.119.1.3290592

Abstract :
Si dès Le temps et l’autre (1948), Levinas a proposé de penser la temporalité à partir de l’altérité d’autrui, quittant l’horizon du temps immanent de la conscience ou de l’existence pour nouer une alliance inédite entre le temps et l’extériorité, les textes gravitant autour d’Autrement qu’être (1974) adoptent de manière significative le vocabulaire de la «dia-chronie» pour exprimer ce temps de la transcendance et confèrent ainsi une portée décisive à la distinction entre synchronie et diachronie. Le temps diachronique n’est pourtant pas inauguré seulement par la rencontre d’autrui, mais aussi par l’épreuve de l’idée de l’Infini, que le Levinas tardif explicite dans les termes d’un «à-Dieu» où le passé immémorial de la responsabilité rejoint le «pur futur» d’une attente régie par la signification éthique de la prophétie. Plusieurs échelons ou registres de la diachronie se laissent dès lors identifier, allant de l’altération immanente de l’existant que produit la synthèse passive du vieillissement jusqu’à l’épreuve ultime de la transcendance, celle de l’Infini comme à-Dieu, en passant par la rencontre du prochain comme première altérité véritable. Ainsi, le temps diachronique ne doit pas être conçu en rupture totale avec le temps vécu, mais ressaisi à partir des expériences qui l’instituent et l’attestent.



While Levinas as from Time and the Other (1948) proposed thinking temporality with respect to the alterity of the other, leaving behind the horizon of the immanent time of consciousness or of existence in order to form a new alliance between time and exteriority, the texts revolving around Otherwise then Being (1974) take over the vocabulary of «dia-chrony» in order to express this time of transcendance and thus confer a decisive significance on the distinction between synchrony and diachrony. However, diachronic time is not inaugurated only by the encounter of the Other, but also by the challenge of the idea of the Infinite, which the late Levinas explicitates in terms of an «à-Dieu» where the immemorial past of responsibility joins the «pure future» of a wait dictated by the ethical meaning of prophecy. Therefore, several levels or repertoires of diachrony can be identified, ranging from the immanent alteration of the existent, produced by the passive synthesis of ageing, to the neighbour’s proximity and to the ultimate confrontation with transcendance, that of the Infinite as «à-Dieu». Thus diachronic time must not be viewed as a total break with lived time, but reassessed on the basis of the experiences that institute it and certify.

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