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Document Details :

Title: L'application à Patmos de la loi de confiscation des «biens monastiques» (kenîse vaḳfi), avril-mai 1570
Author(s): VATIN, Nicolas , ZACHARIADOU, Elizabeth
Journal: Turcica
Volume: 48    Date: 2017   
Pages: 65-111
DOI: 10.2143/TURC.48.0.3237136

Abstract :
La confiscation des biens monastiques au début du règne de Selîm II, en application de la doctrine d’Ebû-s-su'ûd sur le droit du sol et celui des vaḳf, est une affaire bien connue. Le présent article est consacré à son application au monastère de Saint-Jean à Patmos, dont les archives conservent un abondant dossier sur le sujet. On peut ainsi suivre pas à pas la procédure: inventaire des biens, restitution aux propriétaires légitimes ou vente des biens par le Trésor avec un droit de préemption accordé au monastère, puis enfin remise (de facto au couvent) de ces biens sous la forme d’un vaḳf au profit des pauvres, des voyageurs, des ponts et des fontaines. La mesure s’appliquait à tout le territoire ottoman, ce qui prit un certain temps et permit de l’adapter en fonction des circonstances, des lieux et des hommes. Les ḳaẓâ de Rhodes et Cos furent concernés à partir de l’été 1569, un an après les premières mesures. Les moines de Patmos étaient sans doute au courant des procédures appliquées ailleurs, mais aussi des problèmes rencontrés dans l’Athos et de leur solution; ils s’étaient préparés. Aussi n’eurent-ils pas de difficultés avec les représentants du pouvoir: la procédure administrative se déroula sans accroc, dans le respect du droit. Quant aux conséquences économiques, il ne faut pas les exagérer. Les moines récupérèrent de nombreux biens en 1570; ils en perdirent d’autres durablement ou temporairement; ils profitèrent de l’occasion pour en acquérir de nouveaux. Le monastère demeura prospère. Comparés au forfait fiscal de 20000 aspres payé en 1572, les 30680 aspres mobilisés pour racheter des biens au Trésor en 1570 constituaient une ponction importante, mais pas insupportable. Les moines continuèrent à faire des acquisitions dans les décennies suivantes, notamment à Samos.



The confiscation of monastic properties in the beginning of Selîm II’s reign, by enforcement of Ebû-s-Su'ûd’s legal doctrine about landed property and vaḳf, is a well known affair. This paper deals with its application to the monastery of Saint John in Patmos, the archives of which keep a huge file of documents on this topic. It allows to follow the procedure step by step: inventory of the properties; restitution to the legal owners or sale by the Treasury, with a pre-emption right given to the Convent; attribution of the properties (de facto to the Monastery) as vaḳfs on behalf of the poor, the travellers, the bridges, and the fountains. As the whole Empire was concerned, it took a certain time to apply the measure, which thus could be adapted to circumstances, places and men. The ḳaẓâs of Rhodes and Kos were concerned from the mid-summer of 1569, one year after the first applications. The monks of Patmos probably knew what kind of procedures had been applied elsewhere, as well as the difficulties that had arisen in Mount-Athos (and the solutions that had been found). They had prepared themselves, so that no problem arose with the government agents: the administrative procedure went on without a hitch, in a quite legal way. As for the economic consequences, they should not be exaggerated. The monks took back many properties in 1570; some others they lost, forever or for a time; and they took the opportunity to acquire some new properties. The convent remained rich. Compared to the lump sum of 20000 aḳçes paid as taxes in 1572, the amount of 30680 aḳçes they disbursed to get back their properties in 1570 was important, but not unbearable. They continued to acquire properties in the following decades, notably in Samos.

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