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Document Details : Title: L'Einfühlung et le formalisme comme cibles polémiques Subtitle: Mikel Dufrenne et l'histoire de l'esthétique Author(s): ALBERTI, Germana Journal: Revue Philosophique de Louvain Volume: 121 Issue: 1-2 Date: 2024-2025 Pages: 167-192 DOI: 10.2143/RPL.121.1.3295706 Abstract : Un dialogue critique de Mikel Dufrenne avec les théories de l’Einfühlung et les développements formalistes de la Kunstwissenschaft soustend les pages qu’il a dédiées à l’histoire de l’esthétique. L’objectif de cet article est de reconstituer ce dialogue, au prisme de l’opposition que le phénoménologue construit entre les «esthétiques subjectivistes» et les «esthétiques objectivistes». Nous montrerons qu’un premier élément d’affinité est constitué par l’attention que Dufrenne porte à l’historicité, en réponse à la négligence dans laquelle la phénoménologie a souvent relégué les dynamiques historiques et sociales sous-jacentes aux codes perceptifs des uvres. La différence la plus importante réside cependant dans le fait que Dufrenne, plus sceptique dans la description d’une histoire des styles, parvient à expliquer la relative indépendance des objets esthétiques par rapport à l’histoire événementielle en recourant à un concept attestable et défini (celui d’a priori affectif), alors que les théories de la Kunstwissenschaft, plus précises dans l’esquisse d’une histoire des styles, recourent à des principes plus vagues et généraux (comme la notion de Kunstwollen chez Riegl ou celle de Weltgefühl chez Worringer) pour expliquer les changements historiques dans le style des uvres. On s’arrêtera enfin sur ce qui pousse Dufrenne à critiquer à la fois les théories subjectivistes de l’art, les théories formalistes et les approches scientifiques de l’histoire de l’art: leur incapacité à reconnaître dûment la corrélation phénoménologique entre le sujet et l’objet. De ce point de vue, il s’agirait d’approches théoriques qui ne seraient pas tant erronées que partielles. A critical dialogue by Mikel Dufrenne with the theories of Einfühlung and the formalist developments of Kunstwissenschaft underlies the pages he devoted to the history of aesthetics. The aim of this article is to reconstruct this dialogue through the lens of the opposition the French phenomenologist establishes between «subjectivist aesthetics» and «objectivist aesthetics». We will show that a first point of affinity lies in Dufrenne’s attention to historicity, as a response to the neglect with which phenomenology has often treated the historical and social dynamics underlying the perceptual codes of works of art. The most significant difference, however, resides in the fact that Dufrenne – more sceptical about the possibility of tracing a history of styles − manages to explain the relative independence of aesthetic objects from event-based history by appealing to a testable and defined concept (that of the affective a priori), whereas the theories of Kunstwissenschaft − more precise in sketching a history of styles − resort to vaguer and more general principles (such as Riegl’s Kunstwollen or Worringer’s Weltgefühl) to account for historical changes in artistic style. Finally, we will examine what leads Dufrenne to criticize subjectivist and formalist theories of art, as well as scientific approaches to art history: their inability to adequately recognize the phenomenological correlation between subject and object. From this perspective, these theoretical approaches are not so much mistaken as partial. |
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