this issue
previous article in this issuenext article in this issue

Preview first page
Document Details :

Title: Ingarden et la Kunstwissenschaft
Subtitle: Fonctions et ambivalences d'une réception phénoménologique
Author(s): JDEY, Adnen
Journal: Revue Philosophique de Louvain
Volume: 121    Issue: 1-2   Date: 2024-2025   
Pages: 115-139
DOI: 10.2143/RPL.121.1.3295704

Abstract :
Bien que très peu relevé, le rapport d’Ingarden à l’héritage de la Kunstwissenschaft est à la fois précoce et paradoxal. Précoce, car il traverse discrètement la genèse et l’évolution de l’esthétique du phénoménologue polonais depuis ses premiers écrits de 1927-1928 sur l’œuvre littéraire. Paradoxal, puisque ses traces n’apparaissent que sporadiquement, à la faveur de quelques notes et remarques incidentes, avant de recevoir une formulation concise et synthétique dans deux conférences entre 1968 et 1969. Ce rapport n’en reste pas moins décisif, dans la mesure où il permet à Ingarden de procéder à une double opération: d’une part, situer la science générale de l’art sur l’échiquier historique des esthétiques philosophiques, et identifier d’autre part la différence spécifique de ses propositions épistémologiques par rapport à l’esthétique phénoménologique. Or, à étudier de près les propos d’Ingarden, il apparaît que le rapport de son esthétique phénoménologique à la science de l’art n’est pas celui d’une symétrie ni d’une complémentarité, mais plutôt d’une ambivalence. Nous tenterons de reconstituer la compréhension de la Kunstwissenschaft que les textes d’Ingarden dessinent ensemble, et de déplier d’autre part ses présupposés pour en cerner l’ambivalence au sein du programme de son esthétique phénoménologique.



Ingarden’s relationship with the legacy of Kunstwissenschaft is both precocious and paradoxical. Precocious, because it runs discreetly through the genesis and development of the Polish phenomenologist’s aesthetics as from his first writings on literature in 1927-1928. Paradoxical, since its traces appear only sporadically, in the form of a few notes and incidental remarks, before being concisely and synthetically formulated in two lectures dating 1968-1969. This relationship is nonetheless decisive, as it enables Ingarden to carry out a twofold operation: on the one hand, to situate the general science of art on the historical chessboard of philosophical aesthetics, and on the other, to identify the specific difference between its epistemological propositions and phenomenological aesthetics. A close study of Ingarden’s thesis reveals that the relationship between his phenomenological aesthetics and the science of art is not one of symmetry or complementarity, but rather of ambivalence. We shall attempt to reconstruct the understanding of Kunstwissenschaft that Ingarden’s texts together outline, and to unfold its presuppositions in order to identify its ambivalence within the programme of his phenomenological aesthetics.

Download article