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Document Details : Title: Edgar Wind, ou la Kunstwissenschaft comme remède à la phénoménologie Author(s): MERMET, Rémi Journal: Revue Philosophique de Louvain Volume: 121 Issue: 1-2 Date: 2024-2025 Pages: 33-63 DOI: 10.2143/RPL.121.1.3295701 Abstract : Cet article se propose d’examiner les ressorts implicites ayant conduit l’historien de l’art et philosophe des sciences Edgar Wind à rejeter la phénoménologie husserlienne, et à lui préférer, pour l’étude des phénomènes sensibles, une «science de l’art» (Kunstwissenschaft) tournée vers l’analyse des uvres singulières dans le contexte global de leur culture. L’uvre d’art, dans sa complexité symbolique, résiste en effet selon lui à toute tentative de réduction eidétique, si bien qu’elle se pose comme le paradigme de l’impureté inhérente à toute expérience humaine. Cette impureté est proprement indépassable: elle engage la pensée à se mettre sans cesse à l’épreuve des choses, à mettre en tension le sensible et l’intelligible, l’affectif et le cognitif, en vue de leur enrichissement mutuel. Ce faisant, Wind redonne toute sa place et sa profondeur à l’esthétique, entendue comme science générique de la sensibilité, nous invitant par là-même à redéfinir ses rapports avec la phénoménologie. This article examines the implicit motivations that led art historian and philosopher of science Edgar Wind to reject Husserlian phenomenology in favor of a «science of art» (Kunstwissenschaft), which explores sensory phenomena through the analysis of individual artworks within their broader cultural contexts. For Wind, the symbolic complexity of art resists any attempt at eidetic reduction, positioning the artwork as a paradigm of the inherent impurity of human experience. This impurity, far from being surmountable, compels thought to continually confront the materiality of things, fostering a productive tension between the sensible and the intelligible, the affective and the cognitive, to their mutual enrichment. In so doing, Wind restores to aesthetics its full depth and significance as a comprehensive science of sensibility, inviting us to reconsider its relationship with phenomenology. |
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