this issue
previous article in this issuenext article in this issue

Preview first page
Document Details :

Title: L'«obviatif» dans les langues algonquiennes
Subtitle: Un cas oblique?
Author(s): AGNÈS, Sauvane
Journal: Bulletin de la Société de Linguistique de Paris
Volume: 120    Date: 2025   
Pages: 351-417
DOI: 10.2143/BSL.120.0.3295452

Abstract :
Les langues algonquiennes (langues autochtones d’Amérique du Nord) déploient dans leur morphosyntaxe un système de traçage de la référence appelé traditionnellement «obviatif» (ou «obviation» opérant une distinction supplémentaire dans le domaine de la non-personne). Le concept d’«obviatif» tel qu’il est défini à travers les descriptions algonquiennes rassemble des manifestations hétéroclites le rendant difficile à appréhender d’un point de vue typologique. Cet article discute les manifestations de l’«obviatif» en innu-aimun, une langue algonquienne du Québec-Labrador, ainsi que dans d’autres langues algonquiennes lorsqu’une certaine variation est observée. Il en propose une analyse globale et unifiée qui prend en considération les répercussions syntaxiques de ce marquage morphologique. Cette analyse permet au passage l’identification de deux morphèmes dont la valeur ne semble pas avoir été clairement déterminée jusqu’à présent, et dont la reconnaissance participe selon nous à une meilleure compréhension de certains phénomènes morphosyntaxiques algonquiens.



Algonquian languages morphosyntax displays a kind of reference-tracking system in the third-person domain that is traditionally called 'obviative' or 'obviation'. According to most Algonquian language descriptions, this concept gathers heterogenous phenomena that make it difficult to grasp in a typological perspective. The present article introduces the various expressions attached to the 'obviative' in Innu-aimun, an Algonquian language spoken in Quebec and Labrador, and in some other Algonquian languages when differences are observed. We offer a unified analysis which takes into account the syntactic impacts of this morphological marking. Such analysis also leads to the identification of two morphemes, whose values seem not to have been clearly established until now, which contributes to a better understanding of some Algonquian morphosyntactic phenomena.

Download article