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Document Details :

Title: God and Wisdom at Play
Subtitle: Jewish and Christian Interpretations of Proverbs 8:30-31
Author(s): SCHWARTZ, Joshua
Journal: Revue des Études Juives
Volume: 184    Issue: 1-2   Date: janvier-juin 2025   
Pages: 157-176
DOI: 10.2143/REJ.184.1.3294292

Abstract :
Proverbs 8:30-31 describes a cosmic scene of God playing with His daughter, personified as Wisdom, before the Creation. Afterwards Wisdom was to play with humankind. The scene uses the language of play and delight. Jewish tradition as it developed played down the play aspect of Deus Ludens or preferred the other meanings for the Hebrew משחק, such as joking, mocking or jeering in order to vitiate the joyful play and delight of God and Wisdom. Better to turn the cosmic delight into cosmic humdrum. Even the marked Divine creative cosmic play of Jewish mysticism was sexual play and not simple play and did not have the joy of that simple play. It is hard to know whether the depiction of God playing was too much to accept or too trivial or whether reasons like the destruction of the Jerusalem Temple and the travails of Jewish history caused this change. Early Christianity began as mostly neutral regarding play and used the verses in Proverbs for Christological purposes. Later, the motif of Deus Ludens was expanded into a theology of joy in serving God. Playing around, as in the sense of mocking, jeering and the like, and cosmic creation became Christian joyful play and games.



En Proverbes 8,30-31, une scène cosmique est décrite au cours de laquelle Dieu joue avec sa fille, qui se manifeste sous les traits de la Sagesse, avant la création. Par la suite, la Sagesse devait jouer avec l’humanité. La scène est rapportée en des termes relevant du monde du jeu et des délices. La tradition juive dans son évolution plus tardive minimise la part ludique du Deus ludens et préfère s’attacher aux autres significations du mot hébraïque משחק, telles que celles de la plaisanterie, dérision ou raillerie, de façon à atténuer l’aspect allègre du jeu et du plaisir de Dieu et de la Sagesse. Mieux vaut transformer le plaisir cosmique en banalité cosmique. Le jeu cosmique de la Création divine qui apparaît dans le mysticisme juif s’apparente luimême à un jeu sexuel et non à un simple jeu et n’implique donc pas la joie de ce jeu simple. Il n’est pas aisé de savoir si la représentation du Dieu joueur était trop difficile à accepter ou trop triviale ou si des raisons comme la destruction du Temple de Jérusalem et les épreuves de l’histoire juive sont à l’origine de ce changement. Le christianisme, à ses débuts, considérait le jeu d’un point de vue essentiellement neutre et avait recours aux versets des Proverbes dans une optique christologique. Plus tard, le motif du Deus ludens fut élargi en une théologie de la joie de servir Dieu. Le fait de s’amuser, sous la forme de la moquerie, de la raillerie et d’autres attitudes similaires, ainsi que la création cosmique deviennent dans le christianisme un jeu et des divertissements joyeux.

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