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Document Details :

Title: L'étude de l'hébreu en France au XVIIIe siècle
Subtitle: La grammaire d'Étienne Fourmont
Author(s): SCHWARZBACH, Bertram Eugene
Journal: Revue des Études Juives
Volume: 151    Issue: 1-2   Date: janvier-juin 1992   
Pages: 43-75
DOI: 10.2143/REJ.151.1.2012680

Abstract :
On étudie trois grammaires de l'hébreu écrites entre 1707 et 1725, en particulier les opinions qu'on y trouve sur l'authenticité de l'hébreu tel que les Juifs de l'époque le lisaient et le comprenaient. La grammaire de Pierre Guarin (1725) est notamment savante et traditionnelle, une pré-Gesenius qui pourtant ne semble pas avoir eu de retentissements dans la France des Lumières qui préférait des manuels plus 'philosophiques' et plus pédagogiques. La grammaire de François Masclef (1716) est une reconstruction arbitraire de la prononciation et de la grammaire de l'hébreu biblique car son auteur, hypercritique et sceptique, supposait que les témoignages de la vocalisation tibérienne et de la grammaire rabbinique n'étaient pas valables pour la langue de l'époque biblique. Étienne Fourmont (1707?) acceptait la validité de la tradition de lecture juive de la Bible ainsi que de la tradition lexicale rabbinique, mais il construisit nonobstant une grammaire 'philosophique', axiomatique et rationalisée de la langue hébraïque, complétant son algèbre, créant des formes et des structures jamais attestées. Les grammaires de Masclef et de Fourmont créèrent, chacune, une (autre) langue arbitraire qui correspondait à la disposition des Lumières pour l'ordre et la cohérence et qui privilégiait le raisonnement sur l'observation.

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